https://www.youtube.com/watch?v=8hIMNpL8Ft4&feature=youtu.be à Cuenca (Equateur) pour “Sonidos de America”. MUSIQUE PRECOLOMBIENNE A la recherche des sons perdus… Pierre Hamon Flûtiste spécialiste des musiques anciennes et instruments traditionnels du monde. Professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon. http://www.pierrehamon.com Esteban Valdivia et Carolina Segre au musée de Pumapungo « Sonidos de America » est un projet de recherche musicale centrée sur les instruments précolombiens.  Expliquez-nous ? Le projet a pour ambition d’étudier et de faire connaître les instruments musicaux des cultures ancestrales américaines. C’est ainsi que les institutions culturelles et scientifiques équatoriennes ont récemment permis d’entamer l’étude des vases siffleurs. Un documentaire tourné par Carolina Segre et Esteban Valdivia au musée Pumapungo de Cuenca (video ci-contre) montre ce premier travail... Qui est à l’origine du projet ? « Sonidos de America » est né en 2005 à l’instigation d’Esteban Valdivia. Il était encore étudiant en Argentine, à l'École de Composition Musicale à l'Université Nationale de Villa María (U.N.V.M.). Entouré de plusieurs musiciens et spécialistes latino-américains, il a répertorié et étudles différents instruments précolombiens du Mexique, du Pérou et de la Colombie, à travers des données archéologiques, historiques, ethnographiques et musicologiques. Esteban Valdivia a, en outre, travaillé en étroite collaboration avec les principaux musées, universités, centres éducatifs, culturels et artistiques de chaque pays en vue de récupérer et diffuser le patrimoine musical ancien par le biais d’expositions, d’ateliers, mais aussi de concerts. C’est là que vous intervenez… Effectivement, je suis en quelque sorte la voix et le relais de Sonidos de America en Europe. Nous avons tous deux la même passion pour le souffle et le même intérêt pour les gestes musicaux ancestraux de l’humanité. J’ai proposé à Esteban un projet, que nous avons appelé Los pasos perdidos qui est un voyage musical par le souffle sur les traces de nos ancêtres européens et américains et qui permet, ici en Europe, de faire découvrir au public la sonorité si particulière des instruments précolombiens. On peut être surpris de trouver un musicien français - certes spécialisé dans les instruments anciens, mais européens et médiévaux – associé à une telle expérience ? Pour ce qui me concerne, ce prolongement, tant vers l’Amérique et  vers des époques encore plus lointaines, que de mes recherches sur les flûtes anciennes, est à la fois le fruit de rencontres musicales et humaines (comme Esteban) et celui, logique et naturel, de mes interrogations de toujours sur le « mystère » de la Musique. Le fait est que j’ai trouvé dans les instruments précolombiens un champ d’exploration qui nourrit également  mes réflexions sur la musique médiévale, car on a tendance à oublier que notre société médiévale était peut-être plus proche - dans sa relation au surnaturel, à la cosmologie, à l’harmonie du monde, au sens et à l’importance du rituel et du sacré - des sociétés théocratiques précolombiennes que de notre société matérialiste actuelle. Concernant la musique médiévale Il existe pourtant des références écrites et iconographiques. Des musiques ont été notées dans des manuscrits… C’est vrai,  les premières notations musicales apparaissent au VIIIe et  IXe  siècles, sous la forme de neumes  (de pneuma, souffle).  Ce sont  des  signes  graphiques  qui  renseignent  l’exécutant  sur  le sens que  doit prendre la ligne mélodique.  Ils  ne  permettent pas de connaître la hauteur des notes, si l’on ne connaît pas la pièce.  Ce  sont  plutôt des aides mémoires qui vous font retrouver un répertoire déjà connu.  Plus tard,  au Xe et XIe siècles, apparaissent la portée et les noms des   “ Il faut rester modeste et accepter     les limites de notre démarche.      Nous n’avons pas du tout     la prétention de faire     de la musique précolombienne.